
Accident de travail refusé par la CNESST : que faire ?
Accident de travail refusé par la CNESST : que faire?
Recevoir un refus de la CNESST à la suite d’un accident de travail peut être déstabilisant, surtout lorsque la blessure empêche de travailler ou entraîne une perte de revenu. Pourtant, un refus n’est pas définitif. Le droit québécois prévoit des recours clairs pour contester une décision et faire valoir ses droits.
Voici ce que tout travailleur au Québec devrait savoir.

Pourquoi la CNESST refuse-t-elle un accident de travail?
La CNESST peut refuser de reconnaître un accident de travail pour plusieurs raisons, notamment :
absence de lien entre la blessure et le travail
événement jugé non imprévu ou non soudain
condition médicale considérée comme personnelle
preuve médicale jugée insuffisante
déclaration tardive ou incohérente
version de l’employeur contradictoire
Un refus ne signifie pas que le travailleur ment ou n’a aucun droit, mais que la CNESST estime que les critères légaux de la LATMP ne sont pas remplis.
Que faire après un refus de la CNESST?
1. Lire attentivement la décision
La décision écrite précise :
les motifs du refus
les articles de loi invoqués
le délai pour contester
Ces informations sont essentielles pour préparer un recours.
2. Respecter le délai de contestation
Le travailleur dispose généralement de 30 jours pour contester la décision devant le Tribunal administratif du travail (TAT).
⚠️ Ce délai est strict. Une contestation hors délai peut être rejetée.
3. Déposer une contestation au Tribunal administratif du travail
La contestation se fait par écrit et doit expliquer :
pourquoi la décision est contestée
en quoi l’accident est survenu par le fait ou à l’occasion du travail
quelles preuves appuient la demande
Le TAT peut confirmer, modifier ou annuler la décision de la CNESST.
Preuves importantes pour renverser un refus
Pour augmenter les chances de succès, il est souvent utile de fournir :
un rapport médical détaillé
des témoignages (collègues, superviseurs)
un journal des événements
des documents démontrant les tâches effectuées
toute preuve de continuité des symptômes
La preuve médicale est souvent déterminante.
Peut-on être accompagné?
Oui. Le travailleur peut être accompagné ou représenté par :
un expert en droit du travail ou en santé et sécurité
un représentant syndical
un organisme de défense des travailleurs accidentés
👉 Un accompagnement est fortement recommandé lorsque l’employeur conteste la version des faits ou que le dossier comporte des enjeux médicaux complexes.
Suis-je payé pendant la contestation?
Cela dépend de la situation :
si l’accident est refusé, les indemnités peuvent être interrompues
en cas de succès devant le TAT, les indemnités peuvent être rétroactives
Dans certains cas, d’autres protections (assurances, assurance emploi) peuvent être envisagées temporairement.
Refus de la CNESST : ce qu’il faut retenir
✔ Un refus n’est pas final
✔ Le délai de 30 jours est crucial
✔ La preuve médicale est souvent déterminante
✔ Le TAT peut renverser la décision
✔ Se faire accompagner augmente les chances de succès
Conclusion
Un accident de travail refusé par la CNESST ne met pas fin aux droits du travailleur.
Le système prévoit des recours pour corriger les erreurs et assurer une application juste de la loi. En agissant rapidement et en s’appuyant sur une preuve solide, il est possible de faire reconnaître ses droits.

